27.10.08

Weekend à Victor Harbour (24-26 Octobre)

Il en avait été question depuis un moment… le voici, le voilà, le weekend à Victor Harbour, terre natale de mes colocataires Ryan et Nath. Située sur la côte de la péninsule de Fleurieu, à une bonne heure de route d’Adelaide, Victor Harbour compte 30 000 habitants. La ville a d’abord prospéré grâce à la pêche à la baleine, aujourd’hui interdite. L’endroit est maintenant touristique, un peu trop, et accueille à bras ouverts des australiens aspirant à une retraite paisible.


C’est donc ici que mes collocs ont leurs attaches. Ils connaissent le coin comme leur poche et ne manquent pas de m’emmener vadrouiller tout au long du weekend. Je suis hébergé chez les parents de Ryan. Sa mère tient une boutique de broderie en centre-ville. Son père travaille dans le bâtiment, et c’est un passionné de vélo. Il ne rate pas une miette du Tour de France, retransmis intégralement chaque « hiver » et suivi assidument par les australiens. Il m’explique : « A force de passer des dizaines d’heures à regarder le Tour, et cela chaque année, je connais assez bien la France. Les images étaient magnifiques cette année ». Nom d’une seringue, je n’aurai jamais cru que cette course faisait autant pour l’image de la France dans le monde !

Le hobby favori de Ryan et sa bande reste la mécanique. Ryan possède trois ou quatre voitures, quatorze motos, d’innombrables pièces détachées et outils, des hectolitres d’huile de moteur. Il ne rate jamais une occasion de parler mécanique, de s’exclamer devant des modèles rares dans la rue, de se rappeler que telle pièce, là bas dans le champ, appartient à telle voiture. Cet intérêt est partagé par beaucoup d’australiens. Ils adorent garder les vieilles voitures en vie et se donner des coups de main.


Au cours du weekend, nous rendons visite à tous les amis du duo Ryan-Nathan. On se déplace en bande, minimum trois voitures, contenant les deux compères, leurs girlfriends, les frères et sœurs, leurs copines-copains respectifs, et moi ;D. Samedi, c’est moto à la ferme, ballade en vélo, un peu de bricolage, mix de Hip Hop chez le copain de la sœur de Ryan, PlayStation chez Brady, un petit DVD, puis une house party dans une autre ferme, et une visite à la boîte du coin pour finir en beauté. Wicked !

Dimanche, bizarrement, j’ai comme une envie de nature et de sérénité. Je vais me balader sur Granite Island le matin. Cet îlot est réputé pour ses pingouins (oui oui), qu’on peut observer à la tombée de la nuit (raté pour moi). C’est ici que le capitaine Francis Crozier a débarqué en 1837 du navire nommé « HMS Victor », qui donnera son nom à la ville.


L’après-midi, nous avions prévu d’aller surfer, mais pas une vague ne vient blanchir l’horizon. Nous aurons tout de même trimballé les planches de surf sur le toit de la voiture tout le weekend, c’est ça l'esprit australien. On se baigne tout de même dans les eaux limpides de Horseshoe Bay, une jolie plage en forme de fer à cheval.


Nous montons ensuite au Bluff, une colline qui surplombe Victor et les falaises découpées toutes proches. Le vent est décapant, la vue est magnifique, le Pacifique étend son bleu profond à perte de vue. Après quelques sushis, nous rentrons à Adelaide, appréciant au passage le coucher de soleil sur la campagne.



Ainsi s’achève ce chouette weekend à l’australienne. Les semaines qui viennent seront celles des devoirs à rendre et des examens à préparer, mais les vacances approchent vite. Quelques escapades dans le bush devraient me permettre de patienter !

17.10.08

Fierté nationale

Je compte bien profiter de ce blog pour vous faire découvrir quelques aspects de la société australienne.

Une chose m’a frappé dès les premières semaines : le fort sentiment de fierté nationale, véhiculé notamment par les médias australiens. La période des jeux olympiques de Pékin a été une démonstration particulièrement marquante de ce patriotisme. A longueur de journée, à la télévision, les commentateurs étaient en boucle : « Our athletes make us proud to be Australians » (Nos athlètes nous rendent fiers d’êtres australiens)… D’accord, les australiens peuvent être fiers de leurs athlètes. Même s’ils mettent les moyens financiers pour briller dans le sport, il faut reconnaître que 46 médailles pour 20 millions d’habitants, c’est fort. Mais de là à ce que leurs athlètes les rendent fiers d’être australiens, ça me semble un peu exagéré. Est-ce qu’on a jamais entendu, en France : « Merci à nos athlètes qui nous rendent fiers d’être français ? ». Même sur TF1, ce serait déplacé. Bon, après, c’est vrai que comme nos athlètes ne gagnent pas grand-chose, le problème se pose moins ;)

Peut-être est-ce le propre des îles de développer une identité et une unité nationale fortes. Il faut également rappeler que l’Australie est une nation jeune, qui a besoin de définir ses valeurs. Le pays est en pleine phase de reconstruction sur des bases plus saines vis-à-vis des aborigènes. En février dernier, le nouveau premier ministre australien, Kevin Rudd, a solennellement demandé pardon aux aborigènes pour les torts qu’ils ont pu subir, particulièrement les Stolen generations, ces enfants enlevés à leurs familles pour recevoir une éducation "civilisée", entre 1869 et 1969. Kevin Rudd a fait campagne en martelant le thème de l’unité nationale (« construire notre futur ensemble », etc.).

Il semble donc que la fierté nationale décomplexée fasse recette, et les publicitaires l’ont bien compris. De nombreuses campagnes de pub font de ce patriotisme leur premier argument de vente. Ainsi Qantas, la principale compagnie aérienne australienne, a mis le paquet pour les JO, se targuant de permettre aux athlètes d’emporter à Pékin « l’esprit australien », avant de les ramener « à la maison ». Pour être un bon australien, il faut donc voyager avec Qantas, mais aussi manger le Mac Australian chez Mc Do, acheter son poulet chez Red Rooster, faire ses courses chez Coles (« proudly Australian since 1914 »), etc. Ici, flatter la fibre patriotique fait vendre.


Adelaide a eu droit à son morceau d’olympisme en recevant la « Happy homecoming olympic parade », un défilé de quelques-uns des athlètes victorieux. Je me suis placé sur le bord de la route, à côté d’une horde de lycéennes surexcitées. J’ai dit bonjour au monsieur déguisé en kangourou, qui précédait la parade. J’ai acclamé les champions, comme tout le monde. J’ai applaudi l’hymne australien. Mais je n’ai pas agité de drapeau, faut pas pousser !




13.10.08

Le road trip : plus de photos !

La vie dans le bush, quelques animaux croisés sur les chemins... Trouvez ici toutes les photos du road trip que je n'ai pas postées dans l'article précédent !


Un émeu. On en croise beaucoup.



Les Sturt desert peas, fleurs emblématiques du South Australia

Fuir les mouches, toujours...


Ci-dessous et ci-dessus, les shingle backs, lézards à la langue bleue, totalement inoffensifs. Ci-dessous, deux specimens en train de se faire la cour.


Un feu n'est pas de trop pour nous réchauffer: les nuits sont fraiches (photo: Stef)


Un bearded dragon


Quand on n'a pas de frigo...

12.10.08

Road trip dans les Flinders Ranges (19 Septembre – 03 Octobre 2008)

Stef, Nanie, Emilie et moi : la fine équipe du road trip !

Quatre heures de bus, un peu de stop, et me voici à la bibliothèque de Quorn, une ville paumée dans l’outback, l’arrière pays. Pour mes deux semaines de mid-semester break, j’ai rejoint Stef et Emilie pour un road trip dans les Flinders Ranges. La formation de cette chaîne de montagnes emblématique du South Australia s’est étendue sur 900 millions d’années. Le jeu des plaques tectoniques a dressé à la verticale les couches sédimentaires accumulées par le temps et par l’océan qui autrefois recouvrait ces terres. L’érosion a fait le reste, si bien que les reliefs qui s’offrent à nous sont spectaculaires, en dents de scie, rayés de couleurs allant du sable au rouge en passant par l’ocre.


La chaîne de montagnes s’étend sur 480 kilomètres de long, depuis la côte jusque loin dans l’intérieur des terres. Au cours des 15 jours passés ici, nous remontons les Flinders vers le nord en prenant notre temps.

Pendant la première partie du roadtrip, nous sommes accompagnés par Nanie, une française de 25 ans, en Australie depuis 7 mois, jusque là animatrice à Melbourne, et qui entame la partie touristique de son séjour. Férue d’escalade, elle ne résiste pas à l’envie de grimper à un pan rocheux durant une de nos marches dans une gorge. Elle nous fait une belle frayeur en chutant dans la descente. Plus de peur que de mal, heureusement.



A Warren Gorge, où je passe ma première nuit australienne sous tente, nous observons une espèce rare de wallabies: les Yellow-footed Rock-wallabies. Comme leur nom l’indique, ils ont les pattes jaunes ainsi que leur queue rayée très caractéristique. Les wallabies, pour simplifier, sont plus petits que les kangourous. Mesurant 60 cm pour une dizaine de kilos, les Yellow-foot sont menacés d’extinction. Le sport favoris des colons était de les tirer au fusil, avant que l’espèce soit protégée en 1912. Il en reste aujourd’hui environ 8000 dans les Flinders, et je me sens privilégié de pouvoir les observer sauter de rocher en rocher, avant la tombée de la nuit. En ce début de printemps, le crépuscule pointe dès 18 heures.


Un Yellow-Footed Rock-wallaby

Nanie et moi sommes les « lifteurs » de l’équipe, ceux qui profitent de la voiture le jour… et dorment sous tente la nuit. Stef et Emilie ont quant a elles un bon matelas qu’elles étendent a l’arrière de leur vieille Ford Falcon bleu poussière.

Dormir sous la tente a un avantage: on entend la vie sauvage reprendre ses droits quand le soleil se couche. Notamment, les bonds sourds sont caractéristiques des kangourous qui viennent visiter notre lieu de camp. L’inconvénient, c’est que parfois la vie sauvage s’invite à l’intérieur de la tente. Un matin, nous découvrons avec effroi un scolopendre se faufilant sur la tapis de sol. Ca ressemble à un mille-pattes, mais ça mord :D.





L’autre avantage des nuits sous tente, c’est de pouvoir regarder les étoiles avant de s’endormir, à travers la moustiquaire, quand on oublie de mettre le double toit. Il faut dire que le ciel est magnifique dans l’outback. Les étoiles semblent plus basses tant elles brillent, la voie lactée fait une longue trainée de poussière blanche, la lune est un croissant qui pointe vers le haut, comme un sourire. Rien à voir avec un ciel français.

Dommage pour moi, la nuit du dimanche 21 septembre couve également un orage qui vient me tremper à 4 heures (il est beau le scout !). Nanie, elle, n’a pas oublié son double-toit. Nous finissons la nuit en jouant à la crapette.

Mes affaires sèchent après l'orage

Nos randonnées de la semaine gravitent autour de Wilpena Pound, centre névralgique du Flinders Ranges National Park. La Pound est une sorte de cratère de 15km de large formé par l’érosion. De très belles marches nous conduisent au sommet du Mount Ohlssen qui surplombe cet amphithéâtre naturel, puis le lendemain à l’intérieur de la Pound, peuplée de kangourous et de buissons secs qui griffent les jambes.


C’est aussi à Wilpena Pound que je découvre l’industrie touristique australienne dans tous ses excès. Un resort de logements tout-confort et un immense camping s’étalent au bord du cratère. Les flots de touristes-mangeurs-de-glaces sont particulièrement impressionnants lors de ces vacances scolaires. En plein parc national, un espace censé être préservé, tout ce business est assez choquant. A notre retour dans les Flinders, nous constaterons qu’une bonne partie des routes du parc a été bitumée en quelques jours.

Le dimanche 28 septembre, nous laissons Nanie retourner à Melbourne où elle doit rejoindre des amis pour un tour express de l’Australie. On s’est promis de se retrouver à Adelaide pour une semaine gastronomique entre frenchies (et comme elle a des origines italiennes, ça promet). Je me retrouve donc avec Emilie et Stef pour une deuxième semaine vers le Gammon Ranges National Park, la partie Nord des Flinders. La différence de paysages est frappante : les Gammon Ranges sont moins vertes, plus arides, plus rocailleuses encore que le sud des Flinders.


Après un burger au kangourou, une nuit au bord d’un lac artificiel et un ravitaillement en nourriture à Leigh Creek, nous nous installons dans un « coin camping » bien paumé. Je comprends ensuite que c’est toute la région qui est paumée : on ne croise pas grand monde durant nos trois jours de rando.

Les paysages sont pourtant superbes. La force des éléments est palpable dans ces immenses vallées offrant une palette de couleurs de roche impressionnante. Côté wildlife, les Gammon ne sont pas en reste : je croise deux échidnés lors d’une longue marche avec Stef. Leur façon de se mouvoir est comique. L’un d’eux que nous surprenons dans le lit d’une rivière se hisse avec peine dans des roseaux denses pour échapper à notre vue.

Un échidné !

Notre retour dans le sud des Flinders se fait sans encombres, ou presque. Nous croisons sur la route deux serpents, ce qui est plutôt rare. Nous savons les serpents omniprésents, mais ils se cachent à l’approche des hommes. Ces deux là sont probablement des brown snakes, une espèce mortelle (comme quasiment tous les serpents australiens).


Un serpent croisé au détour d'une route (photo: Stef)

Stef conclu que les serpents sont de sortie, ce qui me rassure moyennement pour la nuit suivante. Nous annulons la marche du lendemain car le ciel se fait menaçant et on ne veut pas risquer l’embourbement au retour.

Non, cette photo n'est pas truquée ! Ciel étrange

Stef et Emilie décident de me ramener à Adelaide plutôt que de continuer le roadtrip. Elles vont s’installer pour deux mois en ville, histoire de renflouer les caisses. Nous passons une nuit à Chambers Gorge, où se trouvent les plus blles gravures aborigènes du parc. Les Adnyamathanha (« gens des collines ») sont les premiers habitants des Flinders. On estime que certaines de ces gravures ont 40 000 ans.

Ainsi s’achèvent les vacances qui ont beaucoup changé ma vision de l’Australie. Ce mode de voyage me plait, je pense que je vais l’adopter pour mes trois mois de vacances estivales qui s‘annoncent pour début décembre !

Stef et Emilie, les Toothbrush Nomads

Ma rencontre avec Emilie et Stef est l’exemple parfait du heureux hasard. On s’est retrouvés assis côte-à-côte dans la bibliothèque de Mitcham, à deux pas de chez moi. Ces deux françaises de 24 ans parcourent l’Australie depuis bientôt deux ans, grâce à leur visa vacances-travail. Elles ont decidé de quitter leurs études de traduction pour devenir voyageuses professionnelles. Vous l’aurez compris, Emilie et Stef sont un peu des hippies. Elles travaillent environ quatre mois par an, et le reste du temps explorent l’Australie sauvage, version « prenons notre temps ». Ces voyageuses aiment vivre simplement (leur maison est… leur voiture), profitant de la richesse inépuisable de la nature australienne et des rencontres qu’elles font. Elles aiment manger, et ça c’est important. Elles se sont trouvé un nom, les Toothbrush Nomads, et publient un site et un blog que je vous recommande chaudement : http://www.toothbrushnomads.com/

Le courant est tout de suite passé. Elles me racontent leur voyage, me montrent leurs photos, je suis conquis. Après quelques jours passés en leur compagnie lors de leur escale à Adelaide, nous savons que nous nous reverrons. C'est avec ces drôles de filles que je suis parti en road trip pour mes vacances de mi-semestre.
Emilie (ci-dessus) est une cuisinière talentueuse, capable de faire des merveilles avec du riz et quelques légumes (tout est dans l’assaisonnement). Elle chante, joue de la guitare, écrit et compose ses chansons. Elle lit beaucoup, et c’est une cinéphile avertie. C’est elle qui conduit la bien-aimée Ford Falcon qui craque de partout.

Stef (ci-dessous) est la geek du groupe, c’est elle qui a crée le site et le blog qu’elle met à jour régulièrement. Elle tient le carnet de bord, et surtout prend des photos, beaucoup de photos, avec une prédilection pour la photo animalière. Vous pouvez admirer son travail de pro dans les albums de leur blog.

Elles m’ont tout appris sur la faune et la nature australienne : elles sont incollables ! Voyager avec des guides pareils est une chance. Et elles connaissent tous les bons plans pour voyager intelligemment et pas cher, ce qui n’est pas négligeable. Elles partagent d’ailleurs leurs tuyaux sur leur site. Mais c’est encore mieux de les découvrir sur le terrain, bien sûr. De mon côté, je leur ai appris à monter une tente igloo correctement ;)

L'université d'Adelaide


The University of Adelaide est l’université où j’étudie cette année. Il y a quatre ou cinq universités à Adelaide, la mienne étant la meilleure, naturellement. Elle compte environ 15 000 étudiants, dont beaucoup étudient les sciences de l’ingénieur, la comptabilité, le commerce ou les métiers de la santé. Pour ma part, je suis quatre cours. Mon emploi du temps est intensif : 11 heures de cours par semaine, concentrées sur les lundi, mardi et mercredi ! (oui, c’est dur la troisième année de Sciences Po).
  • Professional English : un cours très formel mais assez utile (comment écrire une lettre professionnelle, une bibliographie, etc.) Je suis le seul européen de ma classe, sur une vingtaine étudiants. Les autres sont asiatiques. La proportion d’étudiants asiatiques est, en général, impressionnante ici. Ca ne s’invente pas : ma prof s’est cassée l’avant-bras dans la forêt de Rambouillet…

  • Culture and Society, the Foundations of Anthropology : un cours d’introduction à l’anthropologie très intéressant. J’apprends à connaître les auteurs anglo-saxons dans ce domaine. J’ai été amené, dans la cadre de ce cours, à faire un exposé sur les vaches sacrées en Inde ! Expérience étrange de voir tous les étudiants suivre attentivement mon exposé avec un demi-sourire aux lèvres, qui voulait clairement dire : « comme son accent est rigolo »... C'est de bonne guerre.

  • Image, Text and Representation : un cours d’analyse de l’image dans la publicité et les médias, fort instructif.

  • The Aboriginals and the Colonial World : cours sur les aborigènes confrontés aux colons, pour en apprendre un peu plus sur l’histoire de ce pays. C’est vertigineux de réaliser que les blancs sont ici depuis environ deux siècles, alors que les aborigènes habitent ces terres depuis 40 000 ans…
La salle d'examens

L’organisation des cours est assez semblable à celle de Sciences Po. Les cours se divisent entre des lectures, les cours magistraux, et des tutorials (ou tutes) en groupes réduits. Les tutes peuvent être déroutants. Ils consistent en des discussions entre les élèves et le prof. On nous demande de donner notre avis. Ca donne parfois des débats de niveau très bas, c’est un peu effrayant. Exemple de sujet de débat en anthropologie : « Pourquoi les hommes sont-ils vus comme supérieurs aux femmes dans notre société ? »...

La vie à l’université est agréable. Le campus est idéalement situé, avec les parcs et le fleuve d’un côté et le centre-ville de l’autre. Beaucoup de services sont proposés aux étudiants à l’intérieur même du campus : salle de sport, un bâtiment entier pour les associations, divers cafés et même un bar (!). La bibliothèque est immense, avec des étagères interminables et un très riche département de livres français. La salle de lecture est très belle également. L’université compte un grand nombre de clubs. J’ai pour ma part rejoint le club de voile, qui propose des sorties en mer tous les 15 jours, à Henley Beach, une plage proche. La voile est un bon moyen de profiter de l’océan tant qu’il est encore trop froid pour le surf ou la baignade. Des dauphins viennent parfois suivre nos bateaux !

I love Adelaide !

Mes premières impressions sur la ville ont bien changé depuis mon arrivée. Adelaide offre en effet un cadre de vie très relaxant. Sachez d'abord que c’est la capitale de l’état South Australia, un des sept états que compte l’Australie, qui est une fédération, eh oui. C’est, je crois, la cinquième ville du pays par sa population, l’agglomération comptant 1 400 000 habitants. Mais la plupart des gens vivent dans les banlieues et le centre ville en lui-même n’est pas immense, ce qui rend la ville facile à explorer à pied. D’immenses parcs encerclent toute la ville et égalent sa superficie : l’air est très respirable et on peut croiser de nombreuses espèces d’oiseaux. Les bird-lovers aiment vivre à Adelaide. Les oiseaux australiens sont incroyables, il faudra que j’y consacre un article : cacatoès, perroquets en tous genres, c’est un vrai festival. J’ai l’impression de découvrir une nouvelle espèce chaque jour ! Ci-dessous, les très charismatiques Rainbow Lorikeets.


Il y a deux centres névralgiques à Adelaide : Rundle Mall et Central Market. Rundle Mall est une rue piétonne très commerçante, la rue la plus animée de la ville, qu’on ne peut pas parcourir sans croiser une connaissance ! J’aime bien ce côté petite ville qu’on ne retrouve pas à Sydney ou Melbourne. Cette ambiance assez provinciale se retrouve à Central Market, le marché couvert, toujours bondé. On y trouve quasiment tous les produits gastronomiques imaginables, à des prix très compétitifs pour les produits locaux. Comme la population australienne est très cosmopolite, chaque communauté vient chercher ici les produits nécessaires à la préparation de spécialités. Il y a ainsi un stand (le Smelly cheese ;) qui propose une grande variété de fromages bien de chez nous : brie, roquefort, morbier, chaource… le tout importé directement de France, donc un peu cher.



Bref, Adelaide est une ville qui a beaucoup de charme, il faut juste prendre le temps de la connaître. Il y a certaines choses que je trouve toujours énervantes cependant. Les passages piétons : il faut attendre parfois 2 minutes montre en main pour qu’ils passent au vert ! Les transports en commun : le réseau de bus est peu développé, le prix du ticket est assez élevé, et il est impossible de prendre un carte au mois ou à l’année. D’après ce que j’ai vu à Sydney, je pense que le problème est australien : peu de moyens sont accordés aux transports en commun, la voiture est sacrée.

St Francis Xavier Cathedral

Un autre avantage d’Adelaide est qu’elle offre de nombreuses possibilités de sorties aux alentours. Il a bien sûr l’océan tout proche, mais aussi les Hills, les collines qui longent la ville à l’Est. Très vertes en hiver et au printemps, elles abritent elles aussi de nombreux oiseaux, et offrent de beaux panoramas sur la ville. Quelques conservation parks offrent de belles ballades aux urbains contrariés… A échelle plus large, Adelaide est également proche de Kangaroo Island, une île de 150km de long connue pour ses animaux sauvages. Les amateurs de vin peuvent visiter la Barossa Valley, qui produit les vins les plus réputés d’Australie. Enfin, comme partout en Australie, on peut trouver des paysages naturels uniques, comme dans les Flinders Ranges. Mais pour ça, il faut s’éloigner un peu plus de la ville… L’Australie sauvage se mérite !

Les verdoyantes Hills... pas vraiment l'image qu'on se fait de l'Australie !

11.10.08

Ma maison, mes collocs

Finalement, le mercredi 6 août, je trouve le logement que je cherchais. J’y resterai jusqu’à début décembre, à la fin du semestre. Le 38 Jervois Street est localisé à Hawthorn, une banlieue assez chic, avec beaucoup d’arbres et donc beaucoup d’oiseaux. J'ai un petit ruisseau à traverser pour me rendre à la bibliothèque locale, mon fournisseur officiel en Internet et en DVD (et en livres, parfois). L’endroit est à 10 minutes de la ville en train, et à deux pas des collines d’Adelaide. La maison en elle-même offre tout le confort. Il y a un mandarinier dans le jardin.

Mes colocataires sont Ryan et Nathan, 19 et 20 ans, des australiens ! Ils sont originaires de Victor Harbour, ville située à deux heures de voiture, où ils rentrent le week end. Ils étudient et travaillent en alternance dans le domaine de la climatisation (un secteur qui a de l'avenir en Australie !). Ils se connaissent depuis 5 ans, jouent au hockey, comme tous leurs amis et leurs girlfriends. Ryan aime réparer les voitures, Nathan aime les flageolets. De vrais australiens. Ils ont été tout à fait accueillants avec moi (il est rare de rencontrer des australiens antipathiques).

J’apprends peu à peu à les connaître. Ils parlent vite et avalent la moitié des mots pour aller encore plus vite ! Ce sont les seuls australiens que j’ai du mal à comprendre, et, pas de bol, je vis avec ! Discuter avec eux est en tout cas excellent pour ma compréhension. Ils ont l’habitude d’organiser des fêtes de temps en temps. Si j’en crois celle à laquelle j’ai participé, cela consiste d’abord à boire beaucoup, tout en se préparant à sortir en ville. Les filles se maquillent, les garçons choisissent leur chemise, on prend des photos sooo funny. Puis vers minuit, cette zigzagante compagnie attrape un taxi vers le centre-ville et fait le tour des boîtes de nuit de la ville. Musique pas terrible, sol collant… Je préfère les house parties, plus conviviales, particulièrement appréciées des australiens.

Ryan (au centre sur la photo) est celui qui cuisine. Il fait à manger pour Nath et lui, et ils me regardent cuisiner mes strange plats français. La spécialité de Ryan est un plat bien étrange, pour le coup. Voilà la recette :
  • Sortir les saucisses du congélateur.
  • Les couper en gros morceaux, les faire revenir à la poêle.
  • Ajouter de fins quartiers de pomme et de l’oignon en lamelles.
  • Quand le mélange est cuit, verser une boîte de conserve de lait de coco.
  • Servir avec une purée de pommes de terre.
J’ai goûté. Don’t try this at home.

Adelaide, l'hôpital, l'hiver (Juillet 2008)

Arrivée à Adelaide vers 17h, la nuit tombe. Je constate qu’il fait un peu plus froid qu’à Sydney. La suite le confirmera : il y a bel et bien un hiver en Australie, avec ses averses et vents froids, ses températures sous les 10 degrés. Ce n’est pas un hiver français, mais ça surprend. L’été commençait à peine en France, mon organisme comprend cet hiver comme une anomalie. Il faudra s’y faire, tout est inversé de ce côté du globe.

Durant mes dix premiers jours à Adelaide, je loge dans l’aile résidentielle de l’hôpital principal de la ville. C’est le logement temporaire organisé par l’université pour les nouveaux arrivants. J’y croise des Allemands, quelques Américains et Britanniques, un couple de Coréens. J’y retrouve Elodie, une des quatre autres Sciences Po envoyés ici. L’ambiance est étrange, on se demande ce qu’on fait là.

De fait, la ville me paraît décevante aux premiers abords. Adelaide est très carrée, avec des rues larges comme des autoroutes, des buildings sans charme. Je trouve qu’il manque la chaleur de Sydney. L’université me semble également assez froide. Son campus hétéroclite est composé de bâtiments « modernes devenus vieux », cachés derrière deux beaux bâtiments en pierre donnant sur la rue principale, North terrace.

Bref, au bout d’une semaine, je n’aime pas Adelaide. L’hôpital glauque, le froid, le campus encore vide d’étudiants : ça forme un ensemble assez déprimant. Je réalise également que la collocation dont je rêve ne sera pas facile à trouver. Ayant fait une croix sur les couteux logements étudiants proposés par l’université, je visite plusieurs maisons dans des banlieues de la ville. Je trouve ces banlieues bien ennuyeuses, plates, avec des alignements de basses maisons en briquettes, toujours ces rues si droites, et pas un chat. Les colocataires que je rencontre sont des jeunes professionnels ou des étudiants asiatiques accros aux jeux vidéos. La collocation idéale est encore loin.

Les JMJ de Sydney (12 - 21 Juillet)


Je ne pouvais rêver à un meilleur « programme d’accueil » en Australie que les JMJ de Sydney. J’ai choisi de vivre cet évènement international du côté australien. Je rejoins un groupe d’une trentaine de jeunes d’Adelaide, la ville où je vais passer un an. Je ne sais pas grand-chose d’eux, ils ne savent rien de moi, à part que je suis un français qui a envoyé un mail au dernier moment, demandant s’ils avaient une place de libre. Le groupe est très accueillant. Je suis immédiatement plongé dans le bain culturel et linguistique que je vais devoir apprendre à connaître. Je constate l’étendue des progrès à accomplir avant de maîtriser l’accent australien, les expression locales et le débit rapide des jeunes du groupe. Ils sont compréhensifs, et certains me félicitent même pour mon anglais (Il faut dire que peu d’australiens maîtrisent une langue étrangère. Ils apprennent un peu de français, d’espagnol ou de japonais à l’école, mais rien de très poussé).



Tout au long de la semaine, je tisse des liens avec ceux que je côtoierai à l’université, dans les rues et les églises d’Adelaide. Certains deviendront des amis, ce qui n’est pas rien. J’ai en effet constaté par la suite qu’il est difficile de se faire des amis australiens quand on est un étudiant étranger de passage. Je ne regrette pas d’avoir préféré les JMJ au programme d’accueil proposé par l’université, qui se déroule au même moment.


Ces quelques jours passés à Sydney se révèlent très intenses, les journées sont pleines et denses. Avant l’arrivée de mon groupe, je profite de mes premiers jours en Australie pour découvrir cette ville fantasmée. C’est l’omniprésence de l’océan qui donne à Sydney tout son charme. Les plages sont toutes proches, avec leurs piscines d’eau de mer taillées dans la roche. Il faut prendre le ferry –de loin le moyen de transport le plus plaisant- pour rejoindre certaines parties de la ville, comme la très populaire Manly, où j’aperçois des baleines au large. Le centre ville (Central Business District, CBD) est composé de gratte-ciels et de bâtiments plus anciens. Ce mélange est caractéristique de l’architecture australienne. Mais le CBD n’est pas, à mon goût, la partie la plus intéressante de la ville. Les quartiers plus éloignés et les banlieues, très variées, sont souvent charmantes. Ainsi Balmain, avec ses rues descendant vers la mer et ses vieilles maisons mitoyennes colorées, a un côté bo-bo assez séduisant.

Je retiendrai de ces JMJ la ferveur et l’ambiance chaleureuse qui a emporté la ville. Sydney est une ville active en juillet, qui n’est pas une période de vacances. Mais même les Sydneysiders un peu réticents ont fini par se joindre à la fête. Toutes sortes d’évènements et de rassemblements ont jalonné la semaine. Voici quelques uns de mes meilleurs souvenirs :

  • La messe des français pour le 14 Juillet, Bastille Day, au conventional centre. Ambiance sur-patriotique, chants réunionnais, et retrouvailles avec Cyrille, mon « binôme » de l’aumônerie de Créteil.
  • Le concert du SBS Youth Orchestra à l’Opéra House. Cet orchestre symphonique de jeunes internationaux interprète notamment Camille Saint-Saëns. La salle de concert a une acoustique impressionnante, les plafonds sont vertigineux. Difficile d’imaginer une telle salle en regardant le bâtiment de l’extérieur !
  • Une veillée prière et chants organisée par la communauté de Taizé (!) dans l’église Saint James, en plein centre de Sydney. Deux australiens du groupe m’accompagnent et sont enthousiasmés par l’expérience.
  • Tous les moments de marche dans la ville vers les lieux de rassemblement. Les drapeaux s’agitent et les chants dans toutes les langues se répondent.
  • L’arrivée du Pape dans la baie de Sydney, et l’accueil traditionnel que les aborigènes lui réservent. Une place importante leur a été réservée tout au long des JMJ.

Après cette semaine riche, je me sens most welcome et privilégié de pouvoir rester un an en Australie, alors que les pèlerins rentrent chez eux.

3.10.08

Pourquoi ce nom de blog ?

"Il y a une mouche dans mon café" est une phrase bien banale que pourrait prononcer quiconque va explorer l'Australie profonde. Si le pays est célèbre pour ses kangourous et autres koalas, il mériterait de l'être aussi pour ses mouches.



Dès qu'on quitte la ville et la côte pour s'enfoncer dans "l'outback", la cambrousse, on est assailli par les mouches entre le lever et le coucher du soleil. Le meilleur moyen de les tenir à distance est d'agiter une branche d'eucalyptus devant son visage. Sinon, elles se posent sur votre dos, votre front, viennent au coin de vos yeux, vous rentrent dans le nez, vous parcourent la bouche... et parfois se noient dans votre café. C'est ce qui m'est arrivé, et j'ai pensé que ça ferait un nom de blog bien pittoresque.

Les articles postés avant ceux du roadtrip dans les Flinders Ranges sont des récapitulatifs de mes trois premiers mois en Australie, quand je n'avais pas encore commencé ce blog. Pour la suite, je vais essayer de garder les nouvelles fraiches. Bonne lecture, et j'attends vos commentaires!